Travailler et vivre avec les nanotechnologies – Conférence européenne NanoCap |
|
Le 2 avril 2009, les syndicats européens et les ONG environnementales ont présenté leur position sur les nanotechnologies au Parlement européen. Leur point de vue a fait l’objet d’un débat avec les Parlementaires, les représentants de la Commission, de l’industrie et des associations de consommateurs. Le développement responsable des nanotechnologies et les orientations futures de la politique européenne dans ce domaine ont été au cœur des discussions. Parmi les questions abordées : Quelles mesures adopter pour la mise en œuvre du principe de précaution ? La conférence a réuni 250 participants issus de 35 pays.
|
| |
Le projet européen NANOCAP |
|
|
Depuis plusieurs années, le développement rapide des nanotechnologies suscite un débat particulièrement animé autour des bénéfices et des risques que représentent pour la société ces technologies de l'infiniment petit. Si les nanotubes et autres nanoparticules restent encore largement confinés dans les murs des laboratoires, certains secteurs industriels s'en sont déjà emparés. On y a déjà recours dans certaines applications médicales de pointe et même pour fabriquer des produits de consommation courante tels que peintures et crèmes solaires. |
Si le développement des nanotechnologies peut apporter des bénéfices très importants à la société, elles soulèvent aussi beaucoup d'inquiétudes quant aux risques qu'elles pourraient faire courir à notre santé et à l'environnement.
Depuis le désastre de l'amiante, une fibre minérale microscopique présentée en son temps également comme "magique" par les milieux industriels, les syndicats ont appris à se méfier des matériaux de très petite taille. Beaucoup d'inconnues persistent quant aux conséquences des nanomatériaux sur la santé des travailleurs qui les manipulent.
Afin de contribuer à une meilleure information des travailleurs sur ces enjeux sanitaires fondamentaux, le département santé-sécurité de l'ETUI participe, depuis septembre 2006, au projet NANOCAP. Des universités, des ONG de défense de l'environnement et des syndicats de plusieurs pays européens collaborent également à cette initiative dont l'objectif est d'approfondir notre connaissance des nanotechnologies et des implications de leur développement rapide pour la société.
Les partenaires NANOCAP comptent également faire pression sur les industriels et les scientifiques pour que la gestion des risques s'inscrive au coeur même de leur travail de développement et de mise sur le marché des nanotechnologies.
Sur le même sujet
|
| |
Qu'entend-on par nanotechnologies ? |
|
Les nanotechnologies sont l'étude et la fabrication de structures ou d'objets à l'échelle du nanomètre (nm), soit un milliardième de mètre. Ces objets, appelés nanomatériaux, sont constitués de nanoparticules dont la taille est inférieure à 100 nm. A titre de comparaison, le diamètre d'un cheveu humain atteint en moyenne 80.000 nm. Du fait de leur petite taille, ces nanomatériaux disposent de propriétés particulières. Ils présentent une surface rapportée à leur masse plus importante que les matériaux de plus grande taille ; ce qui peut induire une réactivité chimique plus élevée et influencer leurs propriétés électriques ou mécaniques. D'autre part, les effets quantiques peuvent commencer à dominer le comportement de la matière à l'échelle du nanomètre et en modifier ainsi les propriétés optiques, électriques et magnétiques.
|
| |
Les nanotechnologies et la santé des travailleurs |
|
Les nanotechnologies représentent un domaine d’activité en pleine expansion dans des secteurs industriels tels que la chimie, la pharmacie et l'électronique. Le nombre de travailleurs exposés aux nanomatériaux devrait donc augmenter fortement au cours des prochaines années. Or, leur impact sur la santé et la sécurité au travail est actuellement difficile à prévoir. Alors que beaucoup de recherches sont en cours pour le développement et la mise sur le marché des nanomatériaux, la recherche visant à évaluer les risques potentiels de ces produits pour les travailleurs n’en est qu’à ses débuts. Les connaissances actuelles de leurs effets toxiques sont relativement limitées.
Les données disponibles indiquent, cependant, que certains nanomatériaux peuvent franchir les différentes barrières de protection, se distribuer dans le corps et s’accumuler dans plusieurs organes. Des effets toxiques ont déjà été documentés aux niveaux pulmonaire, cardiaque, reproducteur, rénal, cutané et cellulaire. Les voies d’exposition les plus probables en milieu de travail demeurent la voie pulmonaire et la voie cutanée.
Les effets toxiques documentés sur des animaux de même que les caractéristiques physicochimiques des nanomatériaux justifient, sur la base du principe de précaution, de prendre dès à présent toutes les mesures utiles pour limiter l’exposition et protéger la santé des personnes potentiellement exposées.
Dans un tel contexte, l’instauration de procédures strictes de prévention demeure la seule façon de prévenir tout risque de développement de maladies professionnelles tant au niveau des chercheurs et des étudiants qui font le développement de ces produits que des travailleurs qui oeuvrent à la synthèse, à la transformation ou à l’utilisation de nanomatériaux.
|
| |
Un enjeu économique considérable |
|
Qualifiées par certains de "moteur de la prochaine révolution industrielle", les nanotechnologies présentent un potentiel de développements et d’applications considérable, notamment dans les domaines des biotechnologies, des matériaux, des technologies de l’information et de la communication. Les gouvernements des pays industrialisés l'ont bien compris. Les budgets publics consacrés aux nanotechnologies, aux Etats-Unis comme en Europe, ne cessent d'augmenter d'année en année. L'Union européenne a ainsi décidé d'allouer, entre 2007 et 2013, 3,5 milliards d'euros à la recherche sur les nanotechnologies. A cela s'ajoutent les investissements privés. L'estimation la plus souvent citée prévoit que le marché mondial des nanotechnologies atteindra 1.000 milliards de dollars à l'horizon 2015. En termes d'emploi, le développement des nanotechnologies nécessiterait le recutement de 2 millions de travailleurs d'ici à 2015, principalement dans les "start up" et les PME.
|
| |
L'Union européenne et les nanotechnologies |
|
Le 17 juin 2008, la Commission a adopté une Communication sur les aspects réglementaires liés aux nanomatériaux. Reposant sur un état des lieux de la législation communautaire dans les secteurs concernés, le texte de la Commission conclut que les risques potentiels aux niveaux de la santé, de la sécurité et de l’environnement liés aux nanomatériaux sont "en principe" couverts par la législation européenne en vigueur dans les domaines des produits chimiques, de la santé et sécurité des travailleurs, des exigences de sécurité des biens et de l’environnement. Cependant, l’exécutif européen estime que la législation en vigueur pourrait devoir être modifiée "par exemple en ce qui concerne les seuils établis dans certaines législations", laissant ainsi la porte ouverte à de possibles amendements du règlement REACH
COM(2008) 366 final
Le 7 février 2008, la Commission a adopté une recommandation sur un code de conduite pour une recherche responsable en nanosciences et nanotechnologies. Orienté autour de sept principes généraux recouvrant des questions telles que la durabilité, la précaution, l'inclusion et la responsabilité, le code de conduite invite les États membres à engager des actions concrètes, auxquelles prendront part universités, instituts de recherche et entreprises, pour un développement et une utilisation sûrs des nanotechnologies.
(en anglais) C(2008) 424 final
En mai 2004, la Commission européenne a adopté sa communication "Vers une stratégie européenne en faveur des nanotechnologies". Le but poursuivi était de renforcer la position de l'Union en recherche et développement dans le champ des nanotechnologies, tout en abordant les inquiétudes suscitées en matière de protection de l'environnement, de la santé publique et de la société.
La Commission a franchi une étape supplémentaire en juin 2005, en adoptant un plan d’action sur les nanotechnologies et les nanosciences pour la période 2005-2009. Ce plan prévoit l’évaluation des risques pour la santé humaine, l’environnement, les consommateurs et les travailleurs à tous les stades du cycle de vie de la technologie (conception, fabrication, distribution, utilisation, recyclage).
En mars 2006, le Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (CSRSEN), un comité consultatif scientifique instauré en 2004 par la Commission, a remis une opinion sur les méthodes d'évaluation des risques en vigueur pour les produits issus des nanotechnologies.
|
| |
Documents complémentaires - nanotubes de carbone |
|
|
| |
Documents complémentaires - santé et sécurité |
|
- The White Book on occupational exposure to engineered nanomaterials
La contribution de l'ISPESL pour une nanotechnologie durable et responsable en Italie, 2010
- Comparison of dust released from sanding conventional and nanoparticle-doped wall and wood coatings
Ismo Kalevi Koponen, Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, 2010
- Évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et pour l'environnement
Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), 2010
- Nanomatériaux et sécurité au travail
Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), juillet 2008
- Workplace exposure to nanoparticles
Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 2009
- Oversight of next generation nanotechnology
Woodrow Wilson International Center for Scholars, Washington, DC, 2009
- Les effets à la santé reliés aux nanoparticules
Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), 2008
- Safe nanotechnology in the workplace. An introduction for employers, managers, and safety and health professionals
NIOSH, 2008
- Evaluation and control of occupational health risks from nanoparticles
Thomas Schneider et al., TemaNord, 2007
- Natechnologies, nanoparticules : quels dangers, quels risques ?
Ministère de l'Ecologie et du développement durable, 2006
- Safe handling of nanotechnology
Nature, 15 novembre 2006
- The potential risks of nanomaterials: a review carried out for ECETOC
Particle and Fibre Toxicology, vol. 3, n° 11, 2006
- Review of safety practices in the nanotechnology industry. Phase one report: current knowledge and practices regarding environmental health and safety in the nanotechnology workplace
Université de Californie, octobre 2006
- Dossier nano ...
Lettre Santé-environnement, n° 37, septembre-octobre 2006
- Nanotech raises worker-safety questions
Washington Post, 8 avril 2006
- Imaging nanotechnology: cultural support for technological innovation in Europe and the United States
Public Understanding of Science, 2005
- Rapport sur l'atelier de l'OCDE sur la sûreté des nanomatériaux manufacturés
Washington D.C., 7-9 décembre 2005
- Nanoscience and nanotechnologies: opportunities and uncertainties, summary and recommendations
The Royal Society and The Royal Academy of Engineering, Londres, 2004
- ASECO opinion on nanotechnology
- De la nécessité de faire le point sur les dangers des particules ultra-fines
Hygiène et Sécurité du travail, INRS, n°197, 2004 |
| |
Documents complémentaires - Union européenne |
|
|
| |
|
 |