08/06/2010 Dans le cadre de sa "manoeuvre économique" visant à rétablir les comptes publics, le gouvernement a prévu la suppression de l'Institut supérieur pour la prévention et la sécurité au travail (Ispesl), seul centre de recherche dans ce domaine en Italie, dont les fonctions seront absorbées par l'Institut national d'assurance contre les accidents au travail (Inail). Pour les observateurs, cela crée un conflit d'intérêt puisque l'Inail devient ainsi le responsable de la recherche sur les maladies professionnelles pour lesquelles il devra octroyer les indemnisations.
Chercheurs, ingénieurs, médecins, employés ont occupé, le 2 juin, le siège central de Ispesl pour manifester leur opposition à la suppression de l’institut. Le personnel a appris par la presse que l'Ispesl figurait parmi "les organismes inutiles" supprimés par le gouvernement via le nouveau décret qui contient des mesures de restrictions budgétaires. Pourtant, depuis 30 ans, l’Ispesl "garantit un apport irremplaçable de connaissances, expériences et formation au système productif italien dans le domaine de la protection de la santé et sécurité des travailleurs" rappelle-t-il, un travail reconnu autant par la communauté scientifique nationale et internationale que par les organisations patronales et syndicales. Collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé, "point focal" de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, l’Ispesl est également le référent technique de divers organismes nationaux et régionaux, et contribue au système national d’information sur la prévention dans les lieux de travail, en plus d’assister les ministères du Travail, de la Santé ainsi que les régions et les provinces dans l’élaboration des leurs plans sanitaires.
La décision est encore plus difficile à comprendre qu’en dépit d’une réduction de la contribution de l’Etat depuis l’an 2000, "ses nombreuses activités lui ont permis de s’autofinancer (35 millions d’euros) à hauteur de plus de 60% du financement de l’Etat", affirme-t-il et que l’économie réalisée par la suppression s’élèverait à 426.248 euros. Cette suppression est donc perçue comme "un retour en arrière de 30 ans" qui "met l’Italie encore une fois à l’écart de l’Europe, puisque dans aucun pays européen la crise n’a porté à la suppression des organismes de recherche sur la santé et la sécurité au travail". Source : Planet Labor
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